12 engagements pour sauver la planète

12 engagements pour sauver la planète

Une centaine de chefs d’État et de gouvernement, des bailleurs de fonds internationaux et de riches philanthropes se sont retrouvés, le mardi 12 décembre à Boulogne-Billancourt, à la Seine musicale à Paris pour booster le financement à la lutte contre le changement climatique deux ans après la signature de l’Accord de Paris. 12 engagements ont été pris à ce sommet baptisé « One Planet Summit ». Le président haïtien Jovenel Moïse a lui aussi pris des engagements…

« On est en train de perdre la bataille », a déclaré le président français Emmanuel Macron lors de l’ouverture du One Planet Summit. « On ne va pas assez vite et c’est ça le drame. On doit tous bouger car on aura tous à rendre des comptes », a-t-il appelé, soulignant que cette génération est mieux informée et n’aura pas d’excuse. « Make Our Planet Great Again », a-t-il lancé, une façon pour lui de flamber Donald Trump, le grand absent du sommet qui avait fait retrait de son pays de l’Accord de Paris.

12 engagements allant du financement et des changements de comportement ont été pris à ce sommet pour lutter contre le réchauffement climatique. La Fondation Bill Gates, la Commission européenne et plusieurs pays ont promis une enveloppe d’environ 650 millions d’euros qui devrait supporter le secteur agricole mondial aux changements climatiques.

De son côté, la Banque mondiale a annoncé qu’elle comptait arrêter de financer après 2019 l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz.

Les puissances économiques, à l’exception des États-Unis, ont promis de mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour lutter contre le réchauffement climatique. L’assureur Axa atteindra 12 milliards d’euros en 2020 et a baissé à 2,4 milliards d’euros ses investissements dans le charbon et à 700 millions d’euros dans les projets liés aux sables bitumineux.

Jovenel Moïse a aussi pris des engagements au nom d’Haïti

Bien sûr qu’Haïti ne peut pas promettre de financement dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, Jovenel Moïse, intervenant sur les mesures préconisées par Haïti pour accroître sa résilience lors du One Planet Summit, a expliqué la situation du pays souvent victime de catastrophes naturelles et les mesures qu’il a prises.

« De 2004 à 2017, Haïti a subi des catastrophes naturelles à répétition. Par exemple, en octobre 2016, l’ouragan Matthieu a causé 2,7 milliards de dollars de dégâts, plus de 30% du PIB du pays. Nous avons une saison cyclonique très longue et Haïti est dans une zone extrêmement fragile. Cette année, Irma nous a laissés des inondations dans le Nord », a rappelé le chef de l’État haïtien comme pour souligner qu’Haïti paie les conséquences des dérèglements climatiques provoqués par les grands pays industrialisés.

Selon lui, c’est important pour les pays de la Caraïbe de ne pas procéder individuellement. « Tout comme le Sommet One Planet, il faut parler de One Caribbean, car ces pays subissent des conséquences du réchauffement climatique auquel ils contribuent très peu. Il faut ajuster les éléments de réponse », a-t-il dit.

« En 2016, a-t-il dit, la prime d’assurance contre les ouragans nous a versé 23 millions de dollars, alors que nous avons subi 2,7 milliards de dégâts. Cela doit changer. La bureaucratie internationale met trop de temps à accompagner les pays victimes dans leur relèvement. Aussi doivent-ils travailler avec les gouvernements.

Il a rappelé qu’Haïti, étant un pays insulaire, les ouragans sont très fréquents et n’attendent pas le financement de la communauté internationale avant de frapper. Moïse a exhorté les décideurs économiques à passer de la parole aux actes avec moins de lenteur et à faire passer le financement contre le réchauffement climatique directement aux gouvernements. « En Haïti, nous savons exactement ce que nous avons comme problèmes et nous sommes en train de réfléchir sur les solutions alternatives », a-t-il avancé.

Pour montrer que lui aussi pose des actions dans la lutte contre le réchauffement climatique, Jovenel Moïse énumère : « Nous avons adopté une politique énergétique axée sur la matrice d’énergie verte : solaire, éolienne, hydro et biomasse. Nous sommes en train de construire 10 centres de germoplasme et de propagation végétale), dont nous venons d’inaugurer le premier, capable de produire 4,5 millions de plantules chaque année. Nous allons inscrire le reboisement dans le curriculum des écoles haïtiennes : dès l’année 2018, chacun des 4 millions d’écoliers haïtiens devra planter des arbres… »

Les engagements pris au sommet visent notamment à accélérer le financement, renforcer la résilience au changement climatique, protéger les terres et les ressources en eau, mobiliser la recherche et la jeunesse en faveur du climat et faciliter l’accès des collectivités au financement climatique.

L’autre volet important dans les engagements est l’adaptation au changement climatique. La construction de digues, la surélévation des habitats, les systèmes d’alerte météo, entre autres, afin de supporter les pays pauvres. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a souligné que les pays qui émettent le moins de gaz à effet de serre subissent le plus les conséquences du réchauffement climatique.

Robenson Geffrard source le nouvelliste

Related posts

Leave a Comment