Derrière les murs du Pénitencier, le trafic de drogue continue

Derrière les murs du Pénitencier, le trafic de drogue continue

Au palais de justice Émilie Michel, âgée de 18 ans, est retenue par les autorités policières pour son implication présumée dans le trafic de la drogue.

Ce matin, Émilie Michel s’est vue confier une mission, celle d’apporter de la nourriture au pénitencier national, le plus grand centre carcéral d’Haïti, au nommé Manno, ainsi connu. Sur le sachet est inscrit le nom de Manno. Comme si de rien n’était, elle s’est présentée devant l’agent qui reçoit la nourriture. Celui-ci a ouvert le sachet aux fins de vérification.

Dans le bol en plastique contenant la nourriture est faite une transformation pour cacher une forte quantité de produit assimilé à de la marijuana. On a vu que la soupe était au milieu de deux couches de marijuana, bien arrangées dans le bol.

Immédiatement, Émilie est retenue par les agents de l’Administration pénitentiaire nationale. Le juge de paix de la section Est, alerté, s’est présenté au pénitencier national pour constater le forfait. Il a, en effet, identifié la substance avec la présence physique de Émilie Michel qui dit avoir été piégée par une voisine répondant au nom de Silonie Charles.

Voulant avoir plus d’informations, le juge de paix de la section Est, accompagné des agents d’une unité spécialisée de la PNH, s’est rendu sur les lieux en vue de remonter la filière. Le juge a rencontré Silonie Charles. Cette dernière l’a conduit chez Judith, l’amante de Manno ainsi connu. Elle a bien expliqué au magistrat que Émilie Michel n’y est pour rien. Elle est connue dans le quartier comme quelqu’un qui ne se mêle pas des affaires des gens, selon Silonie Charles. Selon le responsable de la prison civile Toto Vénel, Manno est un nom fictif.

Émilie Michel a de son côté prouvé sa bonne foi. Elle n’a pas semblé induire la justice en erreur. Elle a collaboré. Née à Santo Domingo le 22 août 1999, Émilie est de petite taille et de couleur noire. Elle n’a pas connu sa mère. C’est sa grand-mère qui a été la chercher à Santo Domingo à l’âge de 7 ans. Depuis, elle vit en Haïti.

Émilie est une orpheline. Elle vit avec Suzette Alvarez, une parente. Elle est au service de cette dernière pour la vente de boissons gazeuses. Malgré sa frèle corpulence, Émilie est une femme alerte. Elle parle avec précision. Cela n’empêche cependant qu’elle soit toujours gardée par la police pour la suite de l’enquête. C’est ce qu’on a pu déceler pendant l’audition d’une courte durée.

Signalons que ce n’est pas la première fois que cela arrive au pénitencier national. Parfois, on met de la drogue à l’intérieur des semelles de chaussures, de sandales, des ceintures de pantalon. On utilise également de la dentifrice pour introduire de la drogue à l’intérieur d’un os. Il faut donc savoir pour découvrir toutes les astuces utilisées par ces professionnels.

Comme la détention préventive prolongée, le commerce de la drogue à l’intérieur des prisons est aussi un fléau difficile à éradiquer.

D’aucuns ne sont pas à leur coup d’essai. Les agents préposés à recevoir les objets destinés aux détenus doivent redoubler de vigilance. Aujourd’hui encore, ils l’ont prouvée en déjouant un coup bien concocté par des professionnels : le bol de soupe confié à Émilie dans lequel on a découvert de la marijuana est une preuve que les agents accomplissent bien leur travail. La naïveté de cette enfant lui a valu, pour la première fois dans sa vie, d’être enfermée au milieu de gens qu’elle n’a jamais rencontrés.

Jean Robert Fleury source le nouvelliste

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