Sebastian Piñera emporte la présidentielle au Chili

Sebastian Piñera emporte la présidentielle au Chili

A 68 ans, le milliardaire Sebastian Piñera est de retour au pouvoir après avoir déjà été chef de l’Etat entre 2010 et 2014.

Le Chili vire opère un virage dans la droite ligne de plusieurs autres pays d’Amérique latine. L’ex-chef d’Etat conservateur, à droite donc , Sebastian Piñera a remporté dimanche l’élection présidentielle au Chili succédant ainsi à la socialiste Michelle Bachelet.

A 68 ans, Sebastian Piñera, l’un des hommes les plus riches du Chili est de retour au pouvoir après avoir été chef de l’Etat de 2010 à 2014. Selon des estimations basées sur le dépouillement de plus de 99 % des votes, Piñera a obtenu 54,57 % des voix, contre 45,43 % pour son adversaire de gauche, le sénateur et ancien journaliste Alejandro Guillier qui reconnaît avoir « subi une défaite douloureuse ».

Un milliardaire à la tête du Chili

Il faut dire que le match, annoncé serré, n’a pas eu lieu, tournant nettement à l’avantage de Sebastian Piñera. «  Au premier tour, nous avons obtenu moins de votes qu’attendu et au second tour plus que prévu », s’est-il réjoui, dans une allocution prononcée au côté de son rival qui a promis de diriger « une opposition constructive ».

Passionné d’histoire et grand lecteur, l’homme a reçu la visite de soutien de son ami le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa. Patron pilotant son propre hélicoptère, ancien propriétaire d’une chaîne de télévision et d’un club de football, Sebastian Piñera était devenu en 2010 le premier président de droite du Chili depuis le retour à la démocratie après la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Nous avons subi une défaite douloureuse

A mi-chemin entre l’homme politique et la célébrité, il se considérait alors parfois comme une sorte de PDG de « l’entreprise » Chili. La fortune de Sebastian Piñera est estimée à 2,7 milliards de dollars par le magazine Forbes. Ce qui faisait dire à son adversaire socialiste qu’il ne pouvait pas « se consacrer à gagner de l’argent et en plus gouverner le pays. C’est l’un ou l’autre ».

L’Amérique latine devient conservatrice

Le retour au pouvoir de Sebastian Piñera n’est pas forcément une surprise. En 2014, il avait quitté son mandat sur une popularité plus qu’acceptable, à 50 %. S’il n’avait pas pu se représenter dans la foulée, c’est surtout en raison de la loi chilienne interdisant deux mandats consécutifs. Mais le nouveau président n’aura pas la majorité dans un Parlement fragmenté.

La socialiste Michelle Bachelet, elle, quitte  le pouvoir après une chute spectaculaire de sa popularité.  La première présidente du continent américain a bouleversé la société chilienne réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l’adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l’avortement. Et, comme pour Sebastian Piñera en 2014, la loi ne permettait pas à Michelle Bachelet de se représenter.

Cette victoire marque aussi la fin d’un cycle pour une grande partie de la gauche latino-américaine : l’Argentine avec Mauricio Macri, le Brésil avec Michel Temer, le Pérou avec Pedro Pablo Kuczynski, ont désormais des présidents conservateurs.

source: lesechos.fr

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