Séisme de 2010 à Haïti

Séisme de 2010 à Haïti

Le séisme de 2010 à Haïti est un tremblement de terre d’une magnitude de 7,0 à 7,3 survenu le à 16 heures 53 minutes et 10 secondes, heure locale. Son épicentre est situé approximativement à 25,3 km de Port-au-Prince, la capitale. Le foyer (ou hypocentre) du séisme a été localisé à 10 km de profondeur. Une douzaine de secousses secondaires de magnitude s’étalant entre 5,02 et 5,95 ont été enregistrées dans les heures qui ont suivi. L’intensité de ce séisme a été d’environ X à l’épicentre3.

Un second tremblement de terre d’une magnitude de 6,1 est survenu le à 6 heures 3 minutes, heure locale. Son foyer est situé approximativement à 59 km à l’ouest de Port-au-Prince, et à moins de 10 kilomètres sous la surface.

Le premier tremblement de terre a causé de nombreuses victimes, morts, blessé, amputés et des milliers de personnes victimes de troubles psychologique. En date du , Marie-Laurence Jocelyn Lassegue, ministre des communications, confirme un bilan de plus 300 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris. L’Institut géologique américain avait annoncé le 24 janvier avoir enregistré 52 répliques d’une magnitude supérieure ou égale à 4,5. 211 rescapés ont été extraits des décombres par les équipes de secouristes venues du monde entier. Solidarité internationale venue renforcer les efforts des Haïtiens qui eux-mêmes, souvent à mains nues, ont sauvé des décombres des centaines de personnes.

Les structures et l’organisation de l’État haïtien ont souffert de la catastrophe ; au bout de trois jours, l’état d’urgence a été déclaré sur l’ensemble du pays pour un mois. De très nombreux bâtiments ont également été détruits, dont le palais national et la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince.

Caractéristiques

Vol de reconnaissance d’un Hercules C-130 au-dessus de Léogâne le 13 janvier 2010.

Les répliques selon les dates et les magnitudes

Selon Institut d’études géologique des États-Unis, le tremblement de terre aurait eu une magnitude de 7 (soit l’équivalent de l’énergie dégagée par une [ bombe H] d’environ 5 Mt) et son foyer serait à une profondeur relativement faible de 10 km (séisme dit crustal). La secousse principale a duré environ 2 minutes et 30 secondes.

Selon le CNRS (), si la profondeur se situait entre 10 et 13 km, la faille « Enriquillo-Plaintain garden » qui traverse l’île d’ouest en est et portant le séisme, passe à 5 km au sud de la capitale. L’épicentre se situant à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, le glissement cosismique de 1 à 2 m se serait produit sur 70 km de long.

Il y a également eu une série de répliques de respectivement : 5,9, 5,5 et 5,1. La NOAA a rapidement écarté le danger d’un tsunami dans la région.

La première réplique a eu lieu 7 minutes après le premier choc, laissant entrevoir une aggravation de la situation compte tenu de l’impossibilité de mettre en place des premiers secours dans les minutes suivant l’incident. La magnitude de ces répliques, approchant 6, constitue également un autre facteur, rare dans ce type d’événements, le qualifiant de catastrophe majeure : par définition, les effets des répliques « peuvent causer des dommages majeurs à des édifices mal conçus dans des zones restreintes. Cause de légers dommages aux édifices bien construits ».

Des témoins du séisme qui ont pu joindre les médias internationaux pendant la nuit ont rapporté avoir vu sur la voirie des voitures qui « bougeaient toutes seules ».

Causes

Carte de la plaque caraïbe.

Position de la faille décrochante d’Enriquillo, qui autorise un mouvement horizontal de 7 mm/an.

Vue de la microplaque de Gonâve où se situe la faille d’Enriquillo.

L’île d’Hispaniola (que se partagent Haïti et la République dominicaine) se trouve dans une zone sismiquement active, entre deux plaques tectoniques : la plaque nord-américaine au nord et la plaque caraïbe au sud. Dans cette zone, les failles sont des décrochements sénestres et des failles de compression (failles inverses) ou chevauchements.
Le séisme a été provoqué par la rupture d’une faille, orientée ouest-est, sur une longueur de cinquante à cent kilomètres. Il s’agit de la faille d’Enriquillo, qui est un décrochement sénestre et qui traverse la ville de Port-au-Prince à Haïti.

Le risque sismique était donc bien identifié, et son impact humain aurait pu être moindre si des campagnes de prévention avaient été réalisées, la population sensibilisée et les constructions sécurisées, ce qui n’a pas été le cas. Des causes humaines, liées à la pauvreté d’Haïti et la faiblesse de son gouvernement, ont ainsi renforcé la catastrophe naturelle.

Précédents historiques

Le Palais national, le 13 janvier 2010.

Les précédents tremblements de terre de forte intensité survenus à Haïti incluent ceux survenus le et le . L’historien Moreau de Saint-Méry relate qu’à Port-au-Prince, en 1751 « une seule des maisons de maçonnerie ne fut pas renversée », et en 1770 « la ville entière fut renversée. La capitale de l’époque, Cap-Haïtien, fut détruite et les villes de Port-de-Paix, Les Gonaïves, Fort-Liberté et des villes de la République dominicaine furent touchées par un fort tremblement de terre le . L’écrivain et homme politique haïtien Jean Demesvar Delorme fut le témoin de ce tremblement de terre de 1842. Des séismes survinrent encore en 1887 et 1904 dans le nord du pays, causant des « dégâts majeurs ».

Conséquences sur Haïti

Deuxième nuit sans toit pour les habitants, du 13 au 14 janvier, dans un camp installé par l’armée brésilienne.

L’échelle des destructions au niveau de la capitale même atteint VIII sur l’échelle de Mercalli. La zone la plus soumise aux destructions atteint X (sur XII degrés dans l’échelle) ; cette zone est située sur la côte bordant le golfe de la Gonâve, à l’ouest de Port-au-Prince, et au nord-ouest de l’épicentre du séisme ; 1,9 million d’habitants vivent dans la zone de degré 8 des destructions.

Alors que de nombreuses habitations modestes se sont effondrées, d’autres édifices gouvernementaux de construction plus solide, comme : le Palais national, le ministère des Finances, le ministère des Travaux publics, le ministère de la Communication et de la Culture, le ministère des Postes, le Parlement, le Palais de justice, l’École normale supérieure, l’École nationale d’administration, l’École Nationale des Infirmières, l’Université de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), la prison centrale et le Centre des impôts ont également subi des dommages importants. Un hôpital de Pétion-Ville, une banlieue de Port-au-Prince, se serait également effondré, ainsi que la maternité de l’hôpital général et l’hôpital de Martissant. Le siège de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti est également en partie détruit ; ce siège était l’Hôtel Christopher, dont les fondations faisaient l’objet d’une remise aux normes (encore en cours) de l’ONU. Le plus grand hôtel de la ville, l’Hôtel Montana, a également été détruit par le séisme.

Les médias télévisés montraient au lendemain matin les images des secours amenés dans le bâtiment effondré de l’université, dans laquelle mille étudiants étaient en train de passer un examen. Dès les premiers jours on comptait une vingtaine d’enseignants et plus de 400 étudiants morts sous les décombres. Plusieurs universités publiques et privées ont été détruites ou gravement endommagées : l’Université d’État d’Haïti a subi d’importantes destructions ; les bâtiments logeant la Faculté de Linguistique appliquée (FLA) et l’École normale supérieure (ENS), la Faculté de médecine et de pharmacie (FMP), la Faculté des sciences (FDS), la Faculté des sciences humaines (FASCH), la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire (FAMV) et l’Institut national de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI) ont des locaux complètement lézardés ; le Centre d’Études Diplomatiques et Internationales (CEDI), détruit ; l’Université Quisqueya (UNIQ), endommagée ; l’Académie Nationale diplomatique et Consulaire (ANDC), endommagée ; l’Université Notre Dame d’Haïti (UNDH), endommagée ; l’Institut des Hautes Études Commerciales et Économiques (IHECE), détruit ; l’Université Lumière, détruite ; l’Université Royale d’Haïti, détruite ; l’Université de Port-au-Prince (UP), détruite ; l’Université Américaine des Sciences Modernes d’Haïti (UNASMOH), endommagée ; l’Université G.O.C, détruite ; l’Université Épiscopale d’Haïti (UNEPH), détruite; l’Université Caraïbe, endommagée ; l’Institut Paramédical Louis Pasteur, détruit.

De grands nuages de poussière apparaissaient dans les instants suivant le séisme à Port-au-Prince. Cette poussière provient probablement de béton non armé des constructions ; des craintes s’accumulent donc concernant la possibilité que bien des édifices de ce type se soient effondrés. Pays pauvre, Haïti ne dispose pas de normes de construction formelles en matière de bâtiments.

Les villes de Carrefour (300 000 habitants, détruite à 40 %), Léogâne (200 000 habitants, détruite à plus de 90 %) et Gressier, proches de l’épicentre du séisme, ont aussi été gravement touchées.

Un intervenant du Ministère des Affaires étrangères français chargé de l’organisation des secours depuis la France a annoncé que le seul point positif parmi les nouvelles qui lui parvenaient était que la piste de l’aéroport était praticable, laissant la perspective d’un acheminement par rotation aérienne des personnels de secours, de la logistique et du matériel d’urgence.

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies estimait que quelque 3 millions de personnes auraient pu être sinistrées sur les 4 millions que compte la population de Port-au-Prince.

La destruction de milliers de logements et la crainte de nouvelles répliques ont poussé depuis lors la plupart des habitants de la ville à passer la nuit dehors. Les survivants ne disposent pas ou peu d’eau potable, de nourriture et de médicaments. Jusqu’au 13 janvier, l’hôpital de campagne de l’armée de l’air argentine, installé dans le cadre de l’ONU depuis 2004, était le seul opérationnel sur place.

Le 20 janvier, un autre tremblement de terre de magnitude 6,1 a été à nouveau ressenti ; en conséquence immédiate, un phénomène d’exode massif a été observé, par le port et la gare routière de Port-au-Prince, parmi une population exténuée et qui a vécu les dizaines de répliques antérieures dans les ruines de la capitale.

Identification des victimes

L’armée de terre brésilienne aidant des victimes, le 14 janvier 2010.

L’identification des corps a été compliquée, et on ne sait exactement combien de personnes sont décédées lors du séisme. Plusieurs pays ont envoyé des unités d’identification des victimes, mais nombreux sont ceux qui ont été enterrés dans des fosses communes ou par leur famille.
Parmi les victimes, on compte :

  • des casques bleus de la mission de stabilisation (MINUSTAH) de l’ONU ont été tués, huit Chinois, trois Jordaniens, onze Brésiliens et un Argentin ainsi que 2 gendarmes français affectés à cette mission.
  • Le corps de l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot a été retrouvé dans les décombres de l’archevêché tandis que le vicaire général, Mgr Benoît Seguiranno est porté disparu35. Cette annonce provient de l’agence d’informations religieuses Misna basée à Rome.
  • Le musicien haïtien Jimmy O. Barikad a été retrouvé mort, selon le musicien américano-haïtien Wyclef Jean.
  • La pédiatre brésilienne et fondatrice de la Pastorale pour enfants Zilda Arns a été tuée37.

Les agents de l’USAID se préparant pour partir vers Haïti, le 13 janvier 2010.
  • Plusieurs cadres du gouvernement sont décédés ou portés disparus.
  • Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations unies, le Tunisien Hédi Annabi est mort ainsi que son adjoint, le Brésilien Luiz Carlos da Costa. La Gendarmerie royale du Canada a par ailleurs annoncé le décès du commissaire intérimaire des opérations de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, le surintendant Doug Coates, qui est mort sous les décombres du quartier général de l’ONU.
  • La chef des services logistiques des Nations unies Susan Malcorra a indiqué que 26 employés de l’ONU sont décédés et 56 autres ont été blessés, confirmant de précédentes annonces. Le décompte des victimes onusiennes au soir du 16 janvier a été porté à 40 morts et 330 disparus. Finalement, 101 employés de l’ONU ont perdu la vie lors du séisme
  • Le géographe, homme politique et écrivain Georges Anglade a été tué, ainsi que son épouse. M. Anglade avait été invité à participer au festival littéraire Étonnants Voyageurs qui devait avoir lieu à Port-au-Prince du 14 au 17 janvier.
  • Le linguiste et doyen de la Faculté de Linguistique, le professeur Pierre Vernet, mort sous les décombres de l’Université d’État d’Haïti avec ses étudiants.
  • Le « pionnier du hip-hop haïtien », Evenson Francis, alias Shacan Lord du groupe Gasoline Clan, est mort dans l’écroulement de son studio d’enregistrement, à l’âge de 31 ans. Il a été enterré derrière un but au stade Delmas de la capitale.
  • Révérend Sam Dixon, de l’UMCOR.
  • Micha Gaillard, ancien ambassadeur haïtien en Allemagne.
  • Roc Cadet, Doyen du Tribunal civil de Port-au-Prince.
  • L’ex-ministre québécois Serge Marcil, retrouvé le 22 janvier dans les décombres de l’hôtel Montana.

Problèmes logistiques

Vue du port de Port-au-Prince le lendemain de la catastrophe sismique.

Distribution d’eau aux rescapés depuis un hélicoptère de l’US Navy, le 16 janvier 2010.

Photo d’un ferry prise le 18 janvier – la succession des répliques, par dizaines depuis le premier choc, amène la population à plus se fier à la mer qu’à la terre pour assurer son salut.

Le séisme a laissé praticable la seule piste de l’aéroport, mais la tour de contrôle a été détruite. Les premiers atterrissages ont donc été contrôlés depuis les aéroports de République dominicaine. Par la suite, une unité avancée des forces américaines a assuré le contrôle aérien depuis le tarmac de l’aéroport, avec des moyens de fortune. Moyens qui ont été renforcés le week-end du 16 janvier par une équipe de la FAA permettant de mettre fin à la ronde d’attente aérienne au-dessus de l’aéroport de Port-au-Prince : l’aéroport est donc depuis la catastrophe de fait administré par l’armée américaine.

Les premiers jours suivant la catastrophe, les avions gros porteurs ne pouvaient atterrir sur la piste. Il fallait donc que leur contenu soit transbordé sur les terrains d’aviation de la République dominicaine, sur des avions de taille plus modeste, permettant leur acheminement via l’aéroport haïtien.

Même dans les semaines suivantes, la saturation de l’aéroport a posé problème : Selon l’unité “protection civile” de la Commission européenne, il y avait au 25 janvier « un retard de 7 jours pour les vols à l’arrivée. Et environ 1 000 avions sont en attente ».

La saturation aérienne étant manifeste, le porte-avions américain USS Carl Vinson assure dans le golfe la rotation d’une quinzaine d’hélicoptères.

Le port est hors d’usage, et les quatre grues de levage sont inutilisables ; cette situation aggrave les problèmes logistiques rencontrés pour l’acheminement des matériels et des moyens humains de secours.

Sur place, la livraison de l’eau et des aliments de survie est elle-même difficile. La population haïtienne vit usuellement avec deux jours de nourriture d’avance dans les garde-manger ; ses lieux de vie détruits pour leur majorité, son dénuement est quasi total.

Les goulots d’étranglement qui se créent dans les lieux d’acheminement du matériel de secours, de l’eau et des aliments amènent dans les premiers temps une situation paradoxale où des habitants interloqués répondent aux reporters parvenus dans le camp improvisé jouxtant l’aéroport, que les distributions ne sont pas assurées alors que ces mêmes reporters assistent à l’enchaînement des atterrissages. L’ampleur de la catastrophe, non seulement dans la capitale mais également dans les villes voisines, relève d’une problématique d’identification topologique des zones à secourir et de coordination d’ensemble des efforts.

La maîtrise de la situation et de ses enjeux laisse apparaître un vide, là où les structures de l’État, en déliquescence depuis 2004, étaient placées sous la tutelle de la Minustah, organisme de l’ONU ; en effet, cette organisation, présente sur place, d’où auraient pu partir initiatives immédiates de premiers secours a été touchée par le séisme, et son chef de mission fait partie des victimes. De ce fait, Elisabeth Byrs, porte-parole à Genève du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), a déclaré que cette catastrophe était « la pire que les Nations unies avaient dû vivre jusqu’ici ».

La difficulté des transmissions s’illustre également dans les infrastructures routières, par exemple pour relier les villes côtières du département Sud-Est, situé au sud de Port-au-Prince, telle Jacmel, également durement touchée, il faut emprunter une route jonchée de blocs de roche et de troncs d’arbres que seule une moto parvient à éviter.

Au quatrième jour après le tremblement de terre, des réfugiés fuyant Haïti par voie de mer, semblables à des boat people, ont été observés ; images qui évoquent aux commentateurs américains un épisode de fuite des émeutes de 2004 par un trajet de 900 km par bateau jusque la Floride.

Le cumul des urgences et la massification des besoins dans la région de la capitale ont amené une situation où les principaux acteurs délivrant les secours n’ont lancé des missions de reconnaissance sur les zones périphériques tels les villages entourant Jacmel neuf jours après le séisme, alors que Léogâne fut plus vite secourue car mieux accessible.

Problèmes sanitaires

Face à ce cumul d’urgences, difficile de donner un ordre de priorité : la recherche des survivants sous les décombres, s’occuper des morts, ou aider les rescapés?
Inhumation des corps

Au 6e jour après le séisme, environ 70 000 corps avaient été inhumés, pour la plupart dans des fosses communes.

Ni les morgues ni les cimetières ne disposent d’une capacité suffisante permettant de gérer l’ampleur des pertes humaines enregistrées : dans un premier temps les corps extraits des décombres ont donc été regroupés en ville sur des places ou le long de la voirie. Confrontés aux images télévisées montrant la promiscuité des rescapés et des morts en ville, les commentateurs issus de la diaspora haïtienne, ont déclaré que cette épreuve marquerait longtemps le trauma de la nation.

Un médecin a précisé que, dans la mesure où la cause du décès était le tremblement de terre, tous ces cadavres n’étaient pas propagateurs d’épidémie.

Les conditions sanitaires imposent une inhumation en fosse commune, ce qui contrarie les usages en Haïti. Il semble qu’une partie de la population apprécie le suivi d’un rite funéraire afin que les corps soient plongés dans de la glace pendant trois jours avant la mise en bière ; procédé qui est totalement irréalisable dans les conditions du lendemain de la catastrophe. L’impact du séisme et du traitement des morts -notamment en fosses communes et vis-à-vis des rites d’inhumation qui ne purent être effectués- a eu des conséquences techniques (ramassage des corps, mise à l’écart des fosses), mais aussi psychologiques, symboliques et culturelles.

De plus, des prêtres vaudou haïtiens se sont opposés aux procédés d’inhumation en fosse commune, faisant valoir qu’ils ne respectent pas la dignité des décédés. La personnalité vaudou la plus influente, Max Beauvoir, a même indiqué : « … ce n’est pas dans notre culture d’enterrer les gens de cette manière, il s’agit d’une profanation ».

Potabilisation de l’eau

L’UNICEF intervient pour la distribution d’eau potable, comme dans le bourg de Fonds-Parisien, situé près de l’étang Saumâtre et de la frontière avec la République dominicaine. À la suite du séisme, Fonds-Parisien accueille un vaste camp de réfugiés venant de Port-au-Prince dont certains espèrent gagner le territoire de la République dominicaine située à quelques kilomètres à l’ouest de Fonds-Parisien. L’UNICEF y gère également un centre de convalescence transfrontalier qui s’occupe des victimes haïtiennes du séisme grâce à une assistance médicale urgente.

Assistance alimentaire

Les aliments de base tels que le riz ne peuvent pas être envisagés pour nourrir la population, qui a perdu les moyens usuels de le cuisiner avec la destruction des lieux de vie. L’approvisionnement prodigué par l’aide humanitaire a donc privilégié des rations alimentaires compactes apportant le nécessaire nutritionnel ; ces rations devraient constituer l’alimentation de la population sinistrée dans les prochaines semaines.

Propagation d’infections

Une étude britannique publiée le 19 janvier laisse craindre qu’au sein d’une population affaiblie le paludisme ne se développe plus que d’ordinaire ; une propagation de la dysenterie, la rougeole, la tuberculose ou la grippe n’est pas non plus à exclure.

En mars 2009, l’UNICEF et l’OMS avaient effectué sur place une campagne de vaccination portant sur un million de personnes, mères et enfants ; vaccination contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche et le tétanos. Les bénéfices de cette campagne devraient être un facteur atténuant les épidémies liées à une infection de l’eau dans les camps de réfugiés.

En octobre 2010, une épidémie de choléra apparaît dans le pays à la suite des dégradations des conditions sanitaires dues au séisme, et tue en un an plus de 5000 personnes.

Problèmes sécuritaires

Évacuation vers les États-Unis, par la seule piste restée opérationnelle de l’aéroport, dans le cadre de l’opération Unified Response.

Livraison de packs alimentaires d’urgence par les hélicoptères américains provenant du porte-avions Carl Vinson, le 17 janvier.

La catastrophe intervient dans un contexte d’affaiblissement récent de l’État haïtien, confronté à une crise sociale et politique en 2004, assorti d’une série de catastrophes naturelles qui ont frappé l’île en 2008 : la tempête tropicale Fay, et les ouragans Gustav, Hanna et Ike. Des émeutes sont fréquentes, et le caractère déstabilisant et soudain du séisme inquiète les autorités du pays et les instances internationales qui organisent la mise en place des secours, États-Unis et ONU en tête.

Les moyens de l’État pour faire face à l’évènement sont d’autant plus limités que Haïti figure à la 149e place (sur 182) dans l’indice de développement humain

C’est la raison pour laquelle un important détachement de forces militaires a été déployé sur le terrain pour appuyer et sécuriser la délivrance de l’aide humanitaire et empêcher les débordements.

Depuis 2004, cette mission de stabilisation incombait à la Minustah, dont la chaîne de commandement s’est retrouvée décapitée au lendemain du séisme ; cette dernière avait mené des opérations visant à mettre fin aux activités des bandes armées, en coordination avec le gouvernement haïtien. Dotée de nouveaux moyens depuis la catastrophe, par les renforts de l’ONU et l’armée américaine, le chef par intérim de la mission annonce que ses équipes sont « débordées » mais que la « situation sécuritaire est sous contrôle ».

De surcroît, le pénitencier central de Port-au-Prince a subi des dommages et ses gardiens ont cessé leur surveillance, entraînant une libération de fait d’environ 3 000 détenus de droit commun dans la capitale dévastée, dont, semble-t-il des caïds des gangs du bidonville de cité Soleil détenus depuis 2007. Des scènes de pillages montrant des malfrats équipés de machettes ont été diffusées dans les médias télévisés ; cette situation entraîne dans un premier temps la livraison des secours par hélicoptère, ce qui a occasionné des débuts d’émeutes, puis, pour les secouristes, à n’organiser la livraison de l’aide humanitaire que moyennant la sécurisation préalable de leur intervention.

Les secouristes internationaux rapportent avoir l’impression d’intervenir dans un climat d’émeute. Ainsi, l’ONG Comité de secours internationaux (COSI), provenant de l’Ardèche, qui a essuyé des tirs le 20 janvier, a remercié les forces de sécurité de l’armée brésilienne qui l’ont tiré d’affaire et a annoncé son retrait opérationnel.

Le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive déclare qu’un autre gros problème que l’île rencontre est le trafic illégal d’enfants, les orphelins étant vulnérables et susceptibles de devenir par exemple des esclaves sexuels. Le premier ministre dit avoir aussi reçu des rapports concernant le trafic d’organes humains, que ce soit ceux d’enfants ou d’adultes.

Aide internationale

Distribution de nourriture devant le Palais présidentiel détruit à Port-au-Prince.

Déploiement de moyens de l’ONU et de l’US Navy à Port-au-Prince, le 16 janvier 2010.

Plusieurs pays, grandes sociétés mondiales et célébrités ont fait de nombreux dons pour aider le peuple haïtien. Ce sont aussi des centaines de milliers de micro-dons qui ont été faits. En effet, les habitants des États-Unis qui le voulaient pouvaient donner de l’argent en envoyant un texto “Haiti” au numéro 90999. Une somme de 10 dollars américains était alors prélevée de leur compte et acheminée par un organisme centralisateur, mGive vers Haïti, via la Croix-Rouge. Une somme de deux millions de dollars a ainsi été récoltée dès le premier soir, somme qui allait atteindre cinq millions de dollars le lendemain. C’était la première fois qu’une campagne de dons de cette nature était organisée. De fait, l’ensemble des donations par téléphone pour 2009 totalise quatre millions de dollars, soit moins que pour ces seuls deux jours de donations. Une autre campagne, similaire, a été organisée par le chanteur Wyclef Jean via le réseau Twitter en textant « YELE » au numéro 501501. Ce sont environ 500 000 donations qui proviennent d’une source qui jusque-là donnait traditionnellement peu ou pas : les jeunes, comme le déclare un porte-parole de Verizon.

Survivants

Les conséquences de ce tremblement de terre sont très importantes au niveau de la santé et de l’intégrité physique de toute une population. De nombreuses amputations sont pratiquées en raison de l’urgence de la situation.

Parmi les raisons, le non-suivi des patients qui ont subi un traumatisme grave au niveau de leurs membres est cité. La banalisation des amputations par les médecins américains arguant ces arguments font partie des raisons des amputations systématiques.

Environ 135 personnes ont été retrouvées vivantes sous les décombres. Darlène Étienne, une Haïtienne de 16 ans, a été la dernière survivante retrouvée après avoir passé 15 jours sous des décombres.

Rumeur d’utilisation d’une arme sismique

Le 18 janvier 2010, la chaine de télévision vénézuélienne ViVe, qui dépend directement du ministère de la communication et de l’information de ce pays, met en ligne sur son site Internet un texte, plus tard traduit et relayé par le site conspirationniste Réseau Voltaire, qui accuse les États-Unis d’avoir provoqué la catastrophe haïtienne à l’aide d’une arme sismique secrète liée au projet HAARP. Ce programme scientifique américain suscitait depuis longtemps fantasmes et rumeurs.

Quelques journalistes français ont laissé entendre que le président du Venezuela Hugo Chávez avait accusé les Américains dans une prise de parole publique ; ils se sont basés notamment sur une vidéo de la chaine Russia Today, montage qui superpose la voix d’une journaliste russe à un plus ancien discours de Chávez, et qui n’apporte pas la preuve du discours public.

Wikipedia

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